La TCR 2017 avec Nelson et Stéphane !

Cette année, Nelson et Stéphane sont de retour pour la TCR.
Dans cette interview, tu pourras tout savoir sur la course, comment ils se préparent et leurs objectifs !

Pour ceux qui ne connaissent pas, qu’est-ce-que la TCR (Transcontinental Race) ?

S : La Transcontinental Race est une course d’ultra longue distance à travers l’Europe et se faisant à vélo. Elle a pour habitude de partir du Mur de Grammont en Belgique pour finir sur les rives du Bosphore en Turquie à la frontière Europe/Asie (cette année la ligne d’arrivée sera en Grèce, le parcours fait généralement entre 3500 et 4500km. La course est très simple et ne comporte que quelques règles. Les concurrents doivent passer par 4 endroits en particulier et sont libres de choisir leurs chemin entre ces checkpoints.

N : Du coup, tout fait partie de la course : manger, dormir, s’arrêter…Il faut tout optimiser. La course se suit sur internet grâce à un site de tracking et aux balises GPS que nous avons tous sur nos vélos.

S : Et il n’y a rien à gagner, à part la satisfaction personnelle d’avoir été au bout d’un effort extrême.

L’an dernier, vous y participiez déjà tous les deux. Nelson avait terminé 6ème et Stéphane 14ème. Quel bilan avez-vous fait ? Quels sont vos nouveaux objectifs pour cette année ?

Concrètement à quoi ressemble votre préparation ?

N : Ma préparation consiste à rouler régulièrement tout au long de l’année pour avoir un bon fond. Deliveroo c’est une grosse partie de ça. Ensuite je fais 1 ou 2 très longs rides, dans les 400-500km pour voir où j’en suis physiquement mais aussi mentalement. Cette année va être un peu différent, je suis actuellement au Kyrgyzstan pour repérer le tracé d’une course de type TCR mais en VTT et je rentre juste avant la course. Du coup je roule avec un vélo complètement différent sur des chemins et route en gravel. On verra si ce camp d’entraînement en altitude fait maison était une bonne idée en terme de préparation…

S : Il y a beaucoup d’étapes à la préparation d’une TCR (préparation du parcours, trouver le matériel le plus adéquat à nos besoin, …), la forme physique est ce qui prend le plus de temps à préparer.
Je roule depuis l’automne sur un vélo lourd (un vélo cargo) de manière à habituer mon corps au poids de mon vélo final qui pèsera 15-17kg bagages compris. En roulant pour une boite de course et Deliveroo, je fais 100km tranquillement sans fatigue. Cela me permet de m’habituer psychologiquement à rouler de longue période et par tous les temps, car même si la course se déroule en été, on est souvent confronté à de violentes averses. Je réalise également 1-2 sessions par semaine à bloc pendant 1h, je roule pour pousser mon corps dans ses retranchements.
À cela s’ajoute du renforcement musculaire pour l’ensemble du corps plusieurs fois par semaine (certains sont victimes du syndrôme de Shermer car ils n’ont pas le cou assez musclé) : des exercices simples type pompes-abdos-squats. Pas besoin d’être un monstre de puissance tout droit sorti d’une salle de sport, au contraire on cherche à affûter le corps et le rendre endurant.
Pour la nutrition, j’ai pas de diet particulière, en hiver je mange (sans excès) régulièrement. Je peux me faire plaisir. Si je prend du poids je considère que c’est un handicap supplémentaire que je me met pour les entraînements. Environ 3 mois avant la courses je surveille mon alimentation, essentiellement des légumes et viandes maigre, cet année je me fixe de perdre 8kg avant le départ de la course (au moment où j’écris j’en ai perdu 6, c’est peut être ce qu’il y a de plus dur à faire quand on s’est habitué à bien manger l’hiver).

Pourquoi participer à la TCR ?

N : Je ne sais pas si j’ai vraiment une bonne explication… C’est surtout un défi énorme qui te permet d’en apprendre beaucoup sur toi-même. On trouve ses limites et ensuite on les repousse. C’est difficile d’imaginer à quel point on est capable de se mettre mal à enquiller des centaines de bornes en dormant 3-4h par nuit sur une dizaine de jours… Cela devient un sacré rollercoaster émotionnel par moments.

S : Au début c’est un défi personnel, mais c’est surtout le goût de l’aventure à vélo. On traverse l’Europe et une dizaine de pays, on passe par beaucoup d’endroits inhabituels, je pense notamment à tout le bloc de l’ex-Yougoslavie avec ses bâtiments encore criblés d’impacts de balles et d’obus, ce sont des décors exceptionnels.

Vous partez avec quel matos ?

N : Je repars cette année avec quasiment le même vélo et équipement que l’année dernière. Un vélo de route aero en carbone avec freins à disque de la marque DNK que l’on m’avait fourni pour la course de 2016. Je repars sur des pneus Schwalbes Pro One tubeless sur des roues avec des jantes 38mm carbone. J’aurai juste une sacoche de cadre Apidura et très peu d’affaires : moins de 3kg. Une seule tenue et quelques couches pour affronter les variations de température. Pour terminer, j’aurai un matelas gonflable 2/3 et un sac bivouac.

S : Quand on part avec un esprit de compétition comme le mien on prend le strict minimum. On emporte qu’une tenue ou deux pour rouler, un vêtement technique chaud, un K-Way, un sac de couchage pour dormir n’importe où, le minimum pour l’hygiène, un GPS et de quoi le recharger pendant plusieurs jours. Et pour finir mes effets personnels : téléphone, passeport, monnaie.
Le tout devrait faire moins de 15kg.

Cette année j’investis dans l’éclairage en particulier pour vraiment être visible, j’ai perdu 3 connaissances sur les routes cette année dont Mike Hall qui était un véritable mentor et ami pour beaucoup d’entre nous. Il était l’un des plus expérimentés dans le domaine et a été tué lors de l’Indian Pacific Wheel Race en mars dernier, il était également le père de la Transcontinental Race.

Nelson, en parlant de Mike Hall, suite à son décès est-ce que tu abordes cette course différemment ?

N : Ça va être la dernière TCR imaginée par Mike et son décès m’a beaucoup marqué donc forcément ce sera une course avec une signification particulière. A la fin de la dernière édition il m’avait dit qu’il voyait que j’avais un bon potentiel mais que j’étais trop “casual”, je n’étais pas hyper sérieux et focus tout au long de la course. Mon but pour cette année c’est de faire la course sans jamais me relâcher et pouvoir me dire à la fin que je n’aurais pas pu faire plus.

L’équipe Ops Deliveroo vous souhaite une belle course !
RDV pour le bilan post TCR en Août.

Crédits photos : The Messengers of Paris, Nelson Trees, Stéphane Ouaja.

juin 21, 2018

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