Spécial Journée de la Femme : focus sur 3 Bikeuses

La Journée Internationale des Femmes était l’occasion parfaite pour partir à la rencontre des Bikeuses Deliveroo. Férues de vélo et de liberté, elles sont de plus en plus nombreuses à rouler à nos côtés.
Nous avons posé quelques questions à 3 Bikeuses parisiennes : Anne-Sophie, Dalila, et Camille. Entre deux éclats de rire, elles racontent leur relation avec le vélo et avec ce monde perçu comme étant très masculin.

Salut les filles ! Alors, c’est comment d’être une Bikeuse Deliveroo ? Plutôt avantage ou inconvénient?

Anne-Sophie : En ville, je sens bien que les conducteurs sont moins agressifs avec les Bikeuses en cas de conflits de code de la route. L’inconvénient : tu te tapes de bons bleus aux jambes pas forcément en accord avec la couleur de ta jupe !

Camille : C’est plutôt un avantage à mon sens, on dénote de tous les autres Bikers et c’est une grande fierté pour moi de me dire que j’en fais autant voire plus qu’eux !

Dalila : En plus, les clients sont souvent agréablement surpris de voir une fille les livrer. J’ai souvent le droit à un petit compliment ou à des encouragements. Certains retournent même chercher un pourboire alors qu’ils n’en avaient pas prévu…Les restaurateurs aussi ont de petites attentions qu’ils n’ont pas forcément envers les hommes, par exemple ils se rappellent tout de suite de ton prénom !
Mais si je devais vraiment trouver un inconvénient, je dirais que c’est le sentiment d’insécurité dans certaines zones à des heures tardives. Pour ma part je n’ai jamais eu de problème, mais ce n’est pas toujours un sentiment très agréable…

Vous croisez beaucoup de filles sur la route ? Est-ce qu’il y a une « girls community » qui s’est créée?

Camille/Dalila : Malheureusement on ne croise pratiquement jamais de filles. Donc non, pas de « girls community », mais il n’est jamais trop tard pour en créer une !

Anne-Sophie : Pourtant, il y en a des rideuses. Depuis que je suis sur Paris, je ride avec des filles. Avant j’étais toujours avec un groupe de potes mecs. Ici, il y a les GOW (Girls On Wheels) avec qui tu peux rouler tous les mercredis soir. Mais si tu veux tracer avec des musclors, il y a des team mixtes comme le PCR (Paris Chill Racing) : les filles y envoient du lourd, rien à envier aux mecs.

Comment avez-vous réussi à vous faire une place ?

Dalila : Pour ma part, je ne me suis jamais posée la question, c’est peut être parce que cela s’est fait naturellement.

Camille : A partir du moment où tu es sociable et que tu aimes le vélo, pas de soucis ;) Et les autres Bikeurs sont contents de croiser une fille, ça change de compagnie. Malgré la rareté des Bikeuses, je n’ai jamais eu à me faire une place à proprement parler; j’ai de très bons amis et un petit groupe que je retrouve de temps en temps.

Anne-Sophie : Comme on l’a évoqué au début, les gens sont agréablement surpris de voir débarquer une fille. D’ailleurs on a souvent plus le sourire que les mecs, du coup ça plaît… je ne sais pas si c’est une question de position sur la selle, à débattre. C’est sûr que quand tu entres dans une communauté de riders, si tu fais ta princesse qui rechigne à chaque montée, cela sera plus délicat pour toi de t’intégrer. Mais les filles comme ça sont rares dans ce milieu…Attention cela ne veut pas dire que je ne râle jamais ! Mais la motivation de rider est tellement forte qu’on se donne à fond !

Le vélo, c’était une passion avant Deliveroo ?

Ensemble : Oui, carrément !

Camille : J’ai commencé Deliveroo pour faire encore plus de vélo que ce que je faisais déjà. #accro

Dalila : Petite je faisais des concours de bicross. J’y ai eu mes premières blessures de guerre et mes premiers copains garçons !

Anne-Sophie : Le vélo est carrément une passion oui, je fais partie de ces rideuses en panique si elles ne touchent pas à un vélo pendant plusieurs jours ! Le mien dort avec moi, et je l’ai assez bien dressé pour qu’il me suive partout. Vers mes 15 ans je me suis mise à la DH (Downhill Mountain Bike) pour y trouver des sensations fortes et goûter à la sève de sapin. Arrivée sur Paris je me suis mise au vélo de route et au XC. Sur la route, la sensation est bien différente…le bitume n’a pas le même goût que le sapin mais la liberté, le plaisir et le dépassement de soi sont toujours là.

Vous participez à des compétitions cyclistes à côté ?

Dalila : Non. Déjà, parce que je n’ai pas le niveau ! Et mon approche du vélo est devenue différente avec le temps. J’y vois plus un moyen de découvrir le monde. Je prépare d’ailleurs un voyage en Suisse en vélo…

Anne-Sophie : J’ai découvert la team RDM (Ride Du Mercredi), une équipe bien cool et au taquet. J’ai participé à leur première alleycat, avec une belle arrivée au bar pour y boire quelques pintes, le meilleur remède contre les courbatures du lendemain, c’est la chistole ! Je participe aussi aux SuperCross du PCR et cet été j’ai prévu de faire la Megavalanche à l’Alpe d’Huez.

Pas trop dur d’évoluer dans un monde qui est quand même très masculin ?

Camille : Pas du tout ! Je ne me suis jamais sentie à l’écart ou totalement déphasée par rapport aux autres.

Dalila : Pareil, je n’ai jamais eu le sentiment d’être traitée différemment par les autres Bikers. J’ai plein de potes dans la communauté, et c’est toujours cool de papoter avec eux en attendant une livraison…

Anne-Sophie : J’aime cette ambiance, je m’y sens bien. C’est un monde sans grosse prise de tête, un milieu de partage entre passionnés. Il y a un climat assez convivial, on se conseille, on s’entraide. Je ne vois pas pourquoi on respecterait plus un rideur qu’une rideuse. Que tu sois une fille ou un mec tu auras toujours un soutien en cas de besoin. Et ça je l’ai vraiment ressenti dans n’importe quelle ville et n’importe quel pays où j’ai eu la chance de rider !

Pour terminer, est-ce que vous auriez quelque chose à dire aux filles qui hésiteraient à enfourcher leur vélo ?

Ensemble : On est toutes les trois d’accord : si l’envie est là, il faut foncer ! Il n’y a aucune hésitation ni crainte à avoir lorsqu’on est passionné et motivé !

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